Le delta du Nil, du Danube, le lac Baïkal ou, plus proche, les marais salants de Guérande et du Cotentin, la Camargue, ou encore le golfe du Morbihan, tous ces sites disposent du label Ramsar. Un label qui résonne comme une médaille attribuée à la bonne gestion des sites et qui couronne, à l'échelle internationale, l'excellence patrimoniale d'une zone. Cette reconnaissance mondiale, le delta de la Leyre pourrait l'obtenir d'ici la fin 2010, si l'on en croit les propos tenus lundi soir, dans la salle multimédia du parc ornithologique du Teich.
Accueillis par le député-maire de la commune, François Deluga, et le directeur du Parc naturel des landes de Gascogne (PNR), Laurent Trijoulet, deux experts ont précisé les avantages de la labellisation. « Un site Ramsar, c'est une dynamique pour la zone, explique Michel Metais, directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). C'est un plus pour la gestion durable, la qualité de l'eau et de l'habitat. Le delta de la Leyre fait partie des deux sites aquitains à l'étude pour obtenir ce label et il s'agit d'une vraie chance pour le futur. »
Dans dix ans, la France s'est fixé l'objectif de 100 sites labellisés. Il n'en existe que 36 actuellement, parmi lesquels douze sont en cours d'instruction. À l'échelle mondiale, il en existe plus de 1.800.
« Plus de notoriété »
La convention Ramsar a été adoptée en 1971 et le label du même nom a été attribué pour la première fois, en 1974, à la péninsule australienne de Cobourg. Cette convention n'est autre qu'un traité gouvernemental qui permet de conserver et d'utiliser rationnellement les zones humides. On y retrouve divers composants, tels que des marécages et marais, des lacs et cours d'eau, des prairies humides et des tourbières, mais aussi des oasis, des estuaires, des zones marines côtières, des mangroves, des récifs coraliens et donc des deltas. Même certaines zones humides artificielles peuvent y prétendre, comme les bassins de pisciculture, les rizières, les retenues et les marais salins.
Pour les 150 kilomètres de la Leyre et les 260 espèces animales qui y vivent (vison et loutre d'Europe, cistude...), le label Ramsar permettrait simplement une mise en exergue du site. « Il s'agit d'un avantage indéniable en matière de notoriété, explique Jean-Pierre Thibault, pour la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). Ramsar n'est pas une contrainte, mais une reconnaissance qui induit des inventions futures pour un territoire. » Si ce label semble inconnu du grand public, Jean-Pierre Thibault l'explique en partie par l'importance d'un autre réseau. « En Europe, Natura 2000 a mobilisé beaucoup d'énergie de la part des différents pays. Cela n'a pas permis au label Ramsar d'acquérir l'importance qu'il doit avoir dans l'esprit des gens. Mais dans certains pays du tiers-monde, par exemple, il représente parfois une sorte de magie, surtout lorsqu'il est l'unique dispositif de protection. »
Dans le cas du delta de la Leyre, le label ne viendrait pas s'ajouter à la réglementation ou aux outils existants. Il s'intègre à un cadre de gestion déjà défini, comme Natura 2000 ou dans la gestion du PNR.